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FusionnerlesVaguesdanslaTempête

Présentation - Fusionner les Vagues dans la Tempête - Morgan Le Cam

Un coeur brisé... Une tempête... Des vagues... Le Goudoul...Le temps présent... Des corps vivants -

Fusionner les Vagues dans la Tempête :

Cette nouvelle série de dessins est une fusion entre les vagues. Il y a celles de danseuses issues des danses Hip-Hop et celles formées par la mer.

Dans cette époque, c’est pour moi fusionner les vagues : celles de ma culture Hip-Hop et celles de ma culture Bretonne. C’est déplacer, se faire rencontrer des éléments afin qu’ils ne disparaissent et puissent communiquer ensemble. C’est être et vivre dans une époque sensible, c’est être une être sensible vivante.

Mon prénom Morgan signifie en Breton : Née de la mer. Je suis une femme artiste ce qui m’intéresse ici, à cet endroit précis dans le Finistère est la représentation des femmes Bretonnes par les peintres de l’époque. De mon point de vue, de là où je suis, la proposition est unique et singulière. C’est avoir une vision et la partager à ma manière. Cette série est accompagnée de recherches théoriques sur la représentation des femmes Bretonnes sur les plages, ces femmes « sauvages », les « autochtones » ou les « exotiques », les « ardentes amazones », « les vierges de la mer, sauvages et robustes» ne parlant parfois pas Français. Les Bretonnes actionnant des « rituels » tel des sorcières sur les plages, terre «peuplée par une race d’apparence sauvage», « une race très ancienne », « dépourvu de civilisation ». Les Bretonnes sont objets de fantasmes et de désirs pour certains artistes et auteurs : leurs cheveux, leurs corps, leurs « chairs fraîches », leurs peaux dorées, ivoire rosé ou blondes, l’intrigue de leurs habits portés dans leur environnement face aux éléments, parfois ils y trouvent une animalité. Nous pouvons voir dans mes dessins des clins d’oeil au patrimoine Finistérien plus précisément ici du Pays Bigouden : sculptures, vêtements, broderies. Je regarde chez Lucien Simon, Georges Clairin, Alfred Guillou, Samuel Taylor, Quillivic… Je me déplace dans des conférences, des expositions et dans les livres. Je croque des habits d’époque. Je me nourris de cela pour écrire et dessiner dans des carnets dorés de croquis et de pensées à l’encre noire de Chine. Je relève dans les peintures toutes les femmes Goémonières travaillant sur la plage, celles se faisant violentées dans les ports ou celles attendant leurs hommes face à la mer de Concarneau au Pays Bigouden en passant par Douarnenez. Dans l’histoire de l’art Bretonne, les femmes sont sur les plages, sur les ports, dans les fêtes ou sur les rochers. Les peintres se déplacent en Bretagne pour certains également au Maroc ou en Algérie à la même époque. Certains sont dit: peintres Orientalistes et peintres de la Bretagne. Ils voyagent. Le regard des peintres est posé sur elles. Ils donnent leurs propres visions de ces Bretonnes et d’une terre « pittoresque » et « moyenâgeuse". Cela me questionne. Cela m’interroge avec ma contemporanéité de femme artiste. J’écris en parallèle de cette série : l’histoires de mon histoire de l’art.

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Depuis quelques années, je m’inspire du Goudoul à Lesconil. Je croque le Goudoul ses rochers, ses vagues, je capte l’humeur du Goudoul, ses nuances et ses couleurs. Croquant les danseuses, j’étudie le corps, le corps vague, le corps pris dans la vague. Il y a le langage de la vague dans le Hip-Hop. Dans les dessins, mes modèles vivantes sont entourées d’hommes dans une époque où certains parlent « d’ensauvagement ». Il y a une intersectionnalité face à la déshumanisation des êtres. Se sont des idées souvent soulignées, discutées lors du Séminaire « Discuter des dominations et des émancipations à partir de la frontière Animal/Humain » organisé par Réjane Sénac et Kaoutar Harchi à Sciences Po. Des idées soulignées également lors du 40 ème anniversaire de la marche organisé par Rokhaya Diallo au Centre Pompidou. Nous retrouvons ces idées, des pensées chez Francoise Vergès, Khémaïs Ben Lakhdar, Médine, Salomé Saqué, Edward Saïd, Armelle Le Bras-Chopard, Kaoutar Harchi, Faïza Guène, Diaty Diallo… Dans cette série, il y a de l’amour. De l’amour dans les gestes et les humains. L’amour et l’espoir croisés au Théâtre de la Ville à Paris lors d’une rencontre avec Angela Davis ou dans les livres de bell hooks. Les livres de bell hooks m’accompagnent dans cette nouvelle série, en particulier pour l’instant : A propos d’amour. Médine scande « L’4mour ». Il y a également le sublime, la beauté du livre Amour de Jamal Ouazzani. Dans les « Peintures Bretonnes » sur les ports où face à la mer sur un rocher, les femmes nous racontent quelque chose avec leur corps alors, j’imagine au vue de leurs positions leurs ressentis.

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L’idée de cette série est arrivée au moment de la tempête en fin d’année 2023, une violente tempête. La tempête a ravagé en une nuit. Cette idée a pris son sens lors des 10 ans des Paradox-Sal, un groupe de danseuses issues des danses Hip-Hop. Le coeur brisé comme le coeur brisé de bell hooks à la vue d’une oeuvre d’art déclenche l’idée de l’écriture : A propos d’amour.

Le 8 décembre 2023 c’est à cet instant, où les choses se sont liées, libérées. J’ai pris conscience d’une vague d’émotions comme je n’en ai jamais ressenti auparavant. Il y avait la tempête mais dans la tempête, il y a avait ce parti pris. Cette vie de vagues d’émotions. Une vie où les destins et les personnes sont liés. Une vie où les personnes, les êtres échangent où les émotions sont vraies et palpables. Une vie où les êtres construisent ensemble. Une grande sincérité - Du respect - C’était très fort. Je n’avais jamais ressenti cela de toute ma vie. Les vagues d’émotions comme pour extraire ce qu’il y dans le coeur et la tête. Je retrouve des vagues. Je trouve un réconfort. Des flashs m’arrivent devant les yeux. Des mouvements de vagues, des corps glissant au sol comme des vagues. Des corps formant des vagues entre eux. Des corps de femmes glissant sur le sable. Des corps de femmes venus du même endroit pour aller dans la même direction. Des corps de femmes et d’hommes s’enroulant ou se déroulant ensemble. Des hommes et des femmes à la gestuelle sensible. Je comprends la manière de me faire porter par des vagues pour en imaginer, les déplacer ailleurs et raconter.

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Dessiner engage le corps. Dessiner dans une position assise ou debout n’engage pas le corps et le mouvement de la même manière. Je dessine en écoutant de la musique et je divague sur papier. Dessiner c’est de la technique et de l’imagination avoir des références, chercher, apporter de nouvelles choses. Se sont des temps d’observations par le croquis, puis les croquis poussés deviennent parfois une nourriture pour un dessin. Dessiner avec des crayons à l’encre de Chine et au Posca, voir et créer des effets, pas de tablette qui rend, je trouve, pareil les traits, les effets de transparences et même le dessin. C’est réfléchir et proposer, c’est ce positionner : je ne suis pas Street mais Hip Hop. Je suis une artiste Hip Hop qui imagine à la mer ou dans une salle de spectacle et qui fusionne le tout pour la transmission.

8 décembre 2023 : Tant d’émotions - Temps d’émotions - Tempête dans le coeur et dans la tête. A cet instant, je découvre que je suis à mon endroit. Je suis bel et bien à mon endroit. Je sais pourquoi je suis là, je sais pourquoi cela me fait cela. La violence de l’homme, ses mensonges, le masculinisme, le racisme, le capitalisme, le sexisme, les dominations : vagues de réflexions. Des vagues formées par des femmes - Flash des vagues du Goudoul - Elles arrivent, elles glissent, elles roulent, elles se coordonnent mais c’est naturel cela ne se voit pas. C’est violent, elles forment des formes les vagues. Elles dansent les vagues. C’est violent, elles se crachent sur les rochers et explosent de leurs masses intenses, des forces naissent. Chacune à son caractère. Nous ne savons plus si c’est les vagues où les danseuses.

Mes carnets de croquis et de pensées accompagnent mes recherches, mon imagination créant une histoire contemporaine avec des vagues, des tempêtes et beaucoup d’amour. Je croise ces histoires avec notre époque contemporaine. A moi artiste plasticienne de créer des scènes de genre contemporaine avec sincérité.

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Fusionner les VAGUES :

Les vagues, elles sont présentent dans notre époque. Le mot « vagues » est un mot que notre époque emploie à foison. Elles sont parfois énumérée comme durant le Covid. Il y des vagues de froid. Il y a des vagues de chaleur Il est là, il berce nos phrases, nos idées, nos imaginaires. Il y a le "pas de vagues » ennuyant, parfois gênant ou rien n’est dit, tout est plat et ennuyeux, les idées complètement plates. C’est peut être ne pas respecter les vagues de dire ça, ne pas respecter l’eau.

Il y a des quantités et des quantités de vagues, une quantité de vagues de violences. Des vagues de sexisme, des vagues de racisme, des vagues de capitalisme, des vagues de fascisme, des vagues de mensonge, des vagues de masculinisme de plus en plus présentes. Ces vagues s’organisent entre elles. Elles fonctionnent ensemble. Elles ne sont pas naturelles, elles sont construites pour détruire, pour faire mal, abimer, tuer. Ces vagues sont pourtant réelles et très violentes. Vagues de la honte et la honte doit-être pour qui ?

Les tempêtes peuvent êtres aussi violentes. Nous parlons de la météo mais également des tempêtes médiatiques.

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Et puis, il y a les vraies vagues, celle qui se dessinent dans la mer. Elles peuvent être petites ou énervées. Elles sont naturelles ou dû aux bêtises inhumaines créant le dérèglement du climat. Alors elles peuvent devenir violentes, leurs colères peuvent ravager, balayer, s’acharner ou effacer. Elles sont un peu finalement comme les femmes dans la rue quand elles s’unissent ensemble pour leurs droits, pour qu’on les respecte, pour qu’on ne leur face subir toutes sortes de violences : Physique ou psychique. C’est aussi un peu comme la puissance et la force de voir toutes ces personnes réunies ensemble contre le racisme ou les violences policières. La force d’une vague de l’intersectionnalité.

Ces vagues naturelles peuvent détendre, effacer le temps d’un instant les idées moroses. Les artistes se sont essayés à peindre, dessiner des vagues. C’est une attention particulière, c’est un exercice de regard et de compréhension comme dessiner les corps Hip-Hop dansant. Les artistes ne peuvent tricher avec les vagues sinon où est la justesse ? Ce n’est pas une vague, ce n’est pas la vérité, ce n’est pas la liberté d’une vague ni sa sincérité quand elle arrive comme elle est. C’est enlever un espace temps du corps d’une danseuse, le temps d’un mouvement.

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Nous le voyons dans l’histoire de l’art Bretonne. La mer nourrit l’imaginaire, raconter au plus prêt, divaguer aux pensées, parfois pour les femmes regarder la mer : l’être aimé ne reviendra jamais. C’est violent. C’est inscrit. Une vague de prise de conscience. Se laisser emporter par une vague d’amour.

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